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    Urous anniversàr Frederi !

    12 septembre 2010

    Mercredi 8 septembre dernier, l’on fêtait l’anniversaire de Frédéric Mistral, grand initiateur du réveil identitaire au 19ème siècle, poète et artisan de la renaissance de la langue provençale, dont l’œuvre phare, Mirèio (1859), lui valut le Prix Nobel et l’admiration des plus grands poètes de l’époque. Lamartine : « Je vais vous raconter, aujourd’hui, une bonne nouvelle ! Un grand poète épique est né. (…) Un vrai poète homérique, en ce temps-ci ; (…) Oui, ton poème épique est un chef d’œuvre ; (…) le parfum de ton livre ne s’évaporera pas en mille ans. »

    Parce qu’il n’a cessé de lancer des appels au réveil des consciences et que son message était tout spécialement destiné à la jeunesse, Mistral est une source d’inspiration permanente pour les jeunes identitaires de Provence.

    Le 9 septembre 1886, dans un discours célèbre, Mistral a résumé l’essentiel de notre combat :

    Voulèn que noste pople, en-liogo de groupi dins l’ignourènço de sa propro istòri, de sa grandour passado, de sa persounalita, aprengue enfin si titre de noublesso, aprengue que si paire se soun counsidera toujour coume uno raço, aprengue qu’an sachu, nòsti vièi prouvençau, viéure sèmpre en ome libre, e toustèms se defèndre coume tau : à Marsiho, autre-tèms, contro la Roumo de Cesar : dins lis Aliscamp d’Arle, à la Gardo-Freinet, contro li Sarrasin ; à Toulouso, à Beziés, à Bèu-Caire, en Avignoun, contro li faus crousa de Simoun de Mount-fort ; à Marsiho, à Frejus, à Touloun, e pertout, contro li lansquenet de l’emperaire Carle-Quint. (…) Pople valènt, vaqui ço que voulèn t’aprene : à pas rougi, davans degun, coume un vincu, à pas rougi de toun istòri, à pas rougi de ta patrìo, à pas rougi de ta naturo, à reprene toun rèng, toun premié rèng entre li pople dóu Miejour… E quand chasco Prouvènço, e chasco Catalougno, aura d’aquelo sorto recounquist soun ounour, veirés que nòsti vilo redevendran ciéuta ; e mounte noun i’a plus qu’uno póusso prouvincialo, veirés naisse lis art, veirés crèisse li letro, veirés grandi lis ome, veirés flouri uno nacioun.

    Traduction :

    Nous voulons que notre peuple, au lieu de croupir dans l’ignorance de sa propre histoire, de sa grandeur passée, de sa personnalité apprenne que ses pères se sont toujours considérés comme une race, apprenne qu’ils ont su, nos vieux Provençaux, vivre toujours en hommes libres et toujours su se défendre comme tels : à Marseille, autrefois, contre la Rome de César ; à la Garde-Freinet, contre les Sarrasins [en 973] ; à Toulouse, à Béziers, à Beaucaire, en Avignon, contre les faux croisés de Simon de Montfort ; à Marseille, à Fréjus, à Toulon, et partout, contre les lansquenets de l’empereur Charles-Quint. Peuple vaillant, voici ce que nous voulons t’apprendre : c’est à ne rougir devant personne, comme un vaincu, à ne pas rougir de ton histoire, à ne pas rougir de ta patrie, à ne pas rougir de ta nature, à reprendre ton rang, ton premier rang entre les peuples du Midi… Et quand chaque Provence, et chaque Catalogne auront de cette façon reconquis leur honneur (…) vous verrez grandir les hommes, vous verrez fleurir une Nation !

    Quant à la Coupo santo, hymne de notre belle Provence, dont Mistral est l’auteur, il illustre à merveille l’engagement des jeunes identitaires, éveilleurs de peuple en même temps qu’aventuriers partis en quête de leurs racines si longtemps tues par l’école de la République :

    D’uno raço que regreio
    Sian bessai li proumié gréu ;
    Sian bessai de la patrìo
    Li cepoun emai li priéu.

    D’une race qui regerme
    Peut-être sommes-nous les premiers jets ;
    De la patrie, peut-être, nous sommes
    Les piliers et les chefs.

    L’année prochaine, souvenons nous-en !

    Recounquista éditera bientôt un cahier de formation tout entier consacré à la figure de Frédéric Mistral et en particulier à sa dimension politique.


    Lou mourtié sènt toujou à l’aiet ! Le sens d’une expression provençale porteuse de leçons

    30 août 2010

    Les Provençaux sont généralement mieux faits de leurs personnes que les autres peuples de France et beaucoup plus agiles. Leur humeur est des plus gaies et leur esprit propre aux affaires et aux sciences quand il s’en trouve qui s’attachent à l’étude, dont les chaleurs de l’été et la douceur de l’hiver ne contribuent pas peu à les détourner… Leur vivacité ne leur permet pas de penser avant que d’entreprendre… Il est vrai qu’après qu’ils ont commis une faute qu’on la leur fait reconnaitre, ils souffrent assez patiemment la pénitence que l’on veut leur imposer, mais sans se corriger à l’avenir.

    Pierre Cardin Le Bret, intendant de Provence, 1698

    Il existe une expression provençale fort à propos pour répondre à la dernière affirmation de Cardin Le Bret, révélatrice d’un certain paternalisme bien franchimand : Lou mourtié sènt toujou à l’aiet. Littéralement : « le mortier sent toujours l’ail/l’aïoli » (aiet signifie à la fois « ail » et « aioli », cette sauce étant la façon la plus typique et la plus célèbre de la mettre en valeur). Interprétation courante :  « on ne peut heureusement pas tout effacer de ses origines »…  Malgré toutes les « pénitences » centralisatrices et les tentatives d’uniformisation, du jacobinisme à la mondialisation !

    Explication de Philippe Blancher, auteur de Zou, Boulégan ! Expressions familières de Marseille et de Provence (2000) :

    Le mourtié (mortier), c’est un récipient traditionnel en marbre, très lourd, dans lequel on monte l’aïoli ; à force bien sûr, il s’imprègne de l’odeur de l’ail, et, malgré tous les lavages, cette odeur reste. Voila pour la métaphore. Il faut ajouter à cela que l’aïoli est une sorte d’emblème de la provençalité, pas seulement pour des raisons culinaires, mais aussi pour des motifs symboliques (voir l’expression aïoli sur toi). C’est donc une expression aux connotations très positives.

    On notera toutefois la remarquable lucidité de cet intendant royal lorsque celui-ci se penche sur l’évidente supériorité de la nature physique et morale de l’homme de Provence. Et dont l’histoire, de l’amour courtois à l’épopée des troubadours en passant par l’art des constructions en pierre sèche,  donne une multitude d’exemples. Aïoli !


    Nous sommes encore ici à dresser un rempart…

    11 août 2010

    Lou DalfinSem Encar Ici

    Paroles :

    Le loup descend,

    Fiston, réfugie-toi à l’intérieur,

    Le loup descend,

    Pitchoun, vérouille la porte,

    Le loup descend,

    Pitchoun, vérouille la porte,

    Nous sommes encore ici,

    A dresser un rempart,

    Contre les seigneurs de la plaine,

    Nous sommes encore ici,

    A montrer les dents,

    Bêtes tapies dans leurs tanières,

    (…)

    Nous sommes encore ici,

    Après la croisade,

    Après les dragonnades,

    A appeler à l’unité,

    Pour poursuivre la lutte

    (…)

    Nous sommes encore ici,

    Nous peuple des Vallées,

    Des vallées occitanes

    (…)

    Nous sommes encore ici,

    Pas que pour danser,

    Mais aussi pour semer la graine

    Paroles complètes

    Wikipédia :

    Lou Dalfin est un groupe italien de musique mélangeant musique traditionnelle et moderne fondé par le vielliste Sergio Berardo en 1982 dans les Vallées Occitanes du Piémont.

    Le groupe chante en occitan

    Une des caractéristiques de Lou Dalfin est l’emploi simultané d’instruments acoustiques traditionnels de la musique occitane, notamment la vielle à roue, et d’instruments, électriques ou non, typiques du rock (guitare électrique, batterie).

    Site officiel


    Coupo Santo : l’hymne de la Provence rebelle

    16 avril 2010

    Traditionnellement, on ne chante que le premier, le second et le septième couplet.

    Nous ajoutons ici le troisième couplet car celui-ci fait du Coupo Santo un chant identitaire de référence (dans la vidéo ci-dessus, on chante le quatrième couplet à la place). Un appel au réveil de nos identités séculaires, au retour à nos racines, un appel à la prise de conscience identitaire. Et par dessus tout : un appel à rebâtir nos patries charnelles minées par le jacobinisme, la mondialisation et l’immigration-invasion. On comprend qu’un tel chant populaire au 19ème siècle soit devenu aussi subversif dans les années 2000… Les régionalistes d’extrême gauche (l’alliance de la carpe et du lapin) boycottent  ce couplet sulfureux. A nous de redonner tout son sens au Coupo Santo.

    Le refrain est chanté entre chaque couplet. Le Coupo Santo ne s’applaudit pas.

    Couplet n°1 :
    Prouvençau, veici la Coupo
    Que nous vèn di Catalan ;
    A-de-rèng beguen en troupo
    Lou vin pur de noste plant.

    Refrain :
    Coupo Santo
    E versanto
    Vuejo à plen bord
    Vuejo abord
    Lis estrambord
    E l’enavans di fort !

    Couplet n°2 :
    D’un vièi pople fièr e libre
    Sian bessai la finicioun ;
    E, se toumbon li Felibre
    Toumbara nosto nacioun.

    Refrain

    Couplet n°3 :
    D’uno raço que regreio
    Sian bessai li proumié gréu ;
    Sian bessai de la patrìo
    Li cepoun emai li priéu.

    Refrain

    Couplet n°7 :
    Pèr la glòri dóu terraire
    Vautre enfin que sias counsènt
    Catalan, de liuen, o fraire,
    Coumunien tóutis ensèn !

    Traduction :
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    Pourquoi apprendre le Provençal ? Par Jacques Mouttet, capoulié du Félibrige

    6 mars 2009

    C’est une langue romane, qui peut être utile pour l’apprentissage ou la compréhension d’autres langues : l’espagnol, le portugais, l’italien, le roumain. Mais c’est aussi un lien avec une civilisation que l’on connaît peu, avec une histoire qui n’est pas enseignée. À l’école, on apprend l’histoire de France, pas l’histoire de la Provence. Qui sait, par exemple, que la Provence a eu sa constitution, et que le dernier qui l’a défendue jusqu’au bout, l’avocat Pascalis, a été pendu sur le Cours, devant sa maison, sous la révolution ? Enfin, parler ou écrire le provençal, implique une façon de penser différente: il y a des tournures particulières, car une langue ne tient pas qu’à son vocabulaire.

    La Provence, 29/1/2007