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    Un millier de Provençaux ont défendu l’occitan à Toulouse

    4 avril 2012

    Plusieurs dizaines de milliers d’Occitan ont défilé dans les rues de la Ville rose pour défendre leur langue

    De mémoire d’Occitan, on n’avait jamais vu ça : plusieurs dizaines de milliers de personnes (50 000 selon un militant du Partit occitan !), venues de toutes les provinces de l’Occitanie (1), mais aussi d’Italie et d’Espagne, ont défilé à Toulouse pour la défense de leur langue menacée, selon eux, de disparaître dans un très proche avenir. Partout, des drapeaux rouges frappés de la croix occitane jaune; les plus radicaux affichant le drapeau rouge étoilé frappé d’une étoile à sept branches, symbole des sept provinces que compte le territoire. Partout les drapeaux de ces provinces, ici la Gascogne, là l’Auvergne, ici le Limousin, là le Béarn. Là encore la Provence. Car les Provençaux, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Var, des Alpes et même de Nice, sont venus en nombre malgré une manifestation concurrente organisée à Maussane-les-Alpilles.

    Selon une participante venue de Carpentras, ils seraient un millier à crier leur attachement à la lengo nostro. Beaucoup d’entre sont venus en bus, d’autres en train, quelques-uns en voiture. Comme elle. « C’était plus facile pour moi, souligne Cécile Nicolas, et je tenais vraiment à venir. Il faut que chacun se batte pour la langue avant qu’il ne soit trop tard. Il faut que notre langue soit reconnue officiellement et utilisée à tous les niveaux. En France, c’est quand même paradoxal : on défend les droits des Maoris à profiter de leur culture mais on dénie ce droit aux Occitans en les privant de leur langue, en ayant tout fait pour rompre la transmission familiale de la langue. » Comment cela ? « Mais en faisant honte aux enfants, s’emporte Cécile Nicolas, drapeau provençal à la main. En leur faisant croire que l’occitan était la langue des paysans, des pauvres, des incultes… Qu’il fallait seulement parler français.« 

    « Heureusement, les choses commencent à changer. » Ce militant du Partit occitan est en certain. Les Occitans se sont réveillés. Et ceux qui, dans le défilé, ne le seraient pas totalement, ne pourront pas dormir bien longtemps encore. A grand renfort de porte-voix, il les exhorte à exiger leur droit : celui de parler leur langue. Un droit qu’il veut faire inscrire dans la loi. Cette revendication sera longuement reprise à la fin du défilé. Place du Capitole, les orateurs invités de la Coordination occitane exigent tour à tour de l’Etat français, le droit de chacun de parler sa langue régionale et, pour les Occitans, de bénéficier d’un enseignement de la maternelle à l’université en occitan, d’une télévision et d’une radio publiques en occitans et du bilinguisme dans l’administration.

    Face à eux, des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup béret visé sur la tête, les acclament en brandissant leurs drapeaux. Tous, pas obligatoirement. Tel ce Toulonnais qui se plaint que les discours ne soient pas tenus… en français et qui dénonce un « dangereux repli sur soi » alors que « Toulouse est la capitale de l’aéronautique« . Bref, l’exact inverse des intentions des organisateurs et des participants. Ainsi, quand on demande à cette enseignante du public pourquoi elle défile, elle répond tranquillement : « Pour que les élèves soient bilingues. Parler plusieurs langues et connaître sa culture ouvrent l’esprit. » Un message qui a, encore, bien du mal à passer.

    Frédéric CHEUTIN

    (1) Dans son article, le journaliste, par ignorance plus que par conviction, emploie le vocabulaire occitaniste. Il faut savoir que dans le sud de la France, deux tendances divisent les milieux régionalistes : les occitanistes, considérant qu’il y a une « nation » occitane allant de Bordeaux au Piémont italien, par conséquent composée de « provinces » ; et les mistraliens, qui contestent cette idée de « nation » au nom de la diversité de ces régions. Par exemple, les occitanistes vont dire « la langue d’oc » et « l’occitan » alors que les mistraliens, majoritaires en Provence, vont dire « les langues d’oc ». Qu’il y ait ou non une « nation » occitane, il est incontestable que les régions du sud de la Loire sont unies par un lien historique réel, et une communauté de culture et de langue importante. Par exemple, un provençal qui écoutera une chanson du groupe piémontais Lou Dalfin n’aura pas de mal à comprendre de quoi parle son chanteur, même s’il s’exprime en « piémontais »…  Quoi qu’il en soit, organisée par des occitanistes ou des mistraliens, il faut se réjouir de ce genre de manifestation car elle témoigne d’un réveil identitaire bien concret.


    Fanfarneta !

    11 mai 2011

    Fanfarneta – Lo Còr de la Plana, Arles 2008 from Benoit Blein on Vimeo.

    Paroles Occitan/Français

    Le groupe polyphonique marseillais Lou Cor de la Plana chante en occitan médiéval (langue littéraire du Midi de la France avant l’affirmation de langues d’oc distinctes), langue des troubadours. Boudés par les critiques françaises, vautrées dans le parisianisme et le mépris jacobin des cultures charnelles, le groupe marseillais a pourtant conquis le cœur des Américains et des Européens… Comme nos troubadours hier. Ils chantent, et incarnent, l’éternelle jeunesse de notre identité.

    Lu sur Autre-Jeunesse.com


    « Le provençal aurait pu s’imposer à la place du français »

    2 mai 2011

    Plus qu’aucun autre dialecte, le provençal aurait pu s’imposer à la place du français car il bénéficie, au Moyen-Âge, d’un grand rayonnement en tant que langue de la poésie et de la littérature. Les « troubadours », du sud du pays ont existé sur le plan littéraire avant les « trouvères », du Nord. Leur art poétique va influencer celui du nord de la France de manière très profonde et l’enrichir. C’est Marie de Champagne, fille d’Aliénor d’Aquitaine, qui, au XIIe siècle, introduit à la Cour le roman courtois. Grâce à des poètes comme Chrétien de Troyes, les chansons de gestes composées en langue d’oïl prendront aussi du prestige. Le français ne commence donc à se développer qu’à partir de cette époque. Le parler de l’Île-de-France deviendra de plus en plus raffiné, en grande partie grâce aux apports du Midi. Il se fortifie alors en restant la langue de la Cour et de la noblesse, la langue de référence, la langue aussi du pouvoir, c’est-à-dire celle qui va, très lentement, repousser tous les autres parlers locaux à larrière-plan.

    Henriette Walter, professeur émérite de linguistique à l’université de Haute-Bretagne (Historia, n°768, décembre 2010)


    Chronique de la reconquête : une nouvelle école bilingue !

    19 avril 2011

    La Provence, sept 2010


    Brick A Drac – A l’ombreta d’un albar

    11 janvier 2011

    Le Myspace de Brick A Drac


    Bon Nouvè a tóuti ! Joyeux Noël à tous !

    24 décembre 2010

    L’esprit de Noël, en Provence, c’est la mémoire des glorieux anciens :

    La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue ce jour-là ; et longuement, autour du feu, on y parlait des ancêtres et on louait leurs actions.
    La vihado, en esperant la messo de miejo-niue, èro longo, aquéu jour, e loungamen, autour dóu fiò, se ié parlavo dis ancian e se lausavo sis acioun.

    Frédéric Mistral, Moun espelido, Memòri e raconte – Mémoires et récits, 1906

    Faisons nôtre le combat de Frédéric Mistral, plus d’un siècle et demi après le réveil identitaire qu’il initia sur cette bonne terre de Provence :

    Voulèn que noste pople, en-liogo de groupi dins l’ignourènço de sa propro istòri, de sa grandour passado, de sa persounalita, aprengue enfin si titre de noublesso, aprengue que si paire se soun counsidera toujour coume uno raço, aprengue qu’an sachu, nòsti vièi prouvençau, viéure sèmpre en ome libre, e toustèms se defèndre coume tau : à Marsiho, autre-tèms, contro la Roumo de Cesar : dins lis Aliscamp d’Arle, à la Gardo-Freinet, contro li Sarrasin  ; à Toulouso, à Beziés, à Bèu-Caire, en Avignoun, contro li faus crousa de Simoun de Mount-fort  ; à Marsiho, à Frejus, à Touloun, e pertout, contro li lansquenet de l’emperaire Carle-Quint.

    Nous voulons que notre peuple, au lieu de croupir dans l’ignorance de sa propre histoire, de sa grandeur passée, de sa personnalité apprenne que ses pères se sont toujours considérés comme une race, apprenne qu’ils ont su, nos vieux Provençaux, vivre toujours en hommes libres et toujours su se défendre comme tels : à Marseille, autrefois, contre la Rome de César : dans les Alyscamps d’Arles, à la Garde-Freinet, contre les Sarrasins : à Toulouse, à Béziers, à Beaucaire, en Avignon, contre les faux croisés de Simon de Montfort : à Marseille, à Fréjus, à Toulon, et partout, contre les lansquenets de l’empereur Charles-Quint.

    Peuple vaillant, voici ce que nous voulons t’apprendre : C’est à ne rougir devant personne, comme un vaincu, à ne pas rougir de ton histoire, à ne pas rougir de ta patrie, à ne pas rougir de ta nature, à reprendre ton rang, ton premier rang entre les peuples du Midi

    Alors, a l’an que vèn !


    Noël à Saint-Rémy de Provence : la tradition se perpétue…

    24 décembre 2010


    Emission du 25 décembre 2009

    Noël à Saint-Rémy-de-Provence : informations pratiques.


    La cambo me fai mau… revisité !

    24 décembre 2010

    La cambo me fai mau (« La jambe me fait mal ») est un chant de Noël connu en Provence. Le groupe Le Condor l’a revisité… Paroles et traduction en français : cliquez ici. Pour écouter la version originale (chantée par Patric), rendez-vous sur notre radio-blog : Radio 973


    Langues et Pays d’Oc (Jean-Claude Rivière)

    16 décembre 2010

    Qu’est-ce que la « langue d’Oc », l’ « Occitanie » ou l’ « occitan » ? Et le « provençal » dans tout ça ? Les non avertis ont peine à se retrouver parmi ces notions encore floues, et d’autant plus dans ce qui apparait comme autant d’ « obscures querelles d’érudits », reflets de « rivalités personnelles nuisibles » à la cause régionaliste dans le Midi de la France.

    Le combat pour une reconnaissance réelle des langues d’Oc (à l’école, à l’entrée des villes, sur les plaques des rues, à l’université, etc.) est handicapé par une spécialité locale : le caractère bicéphale du tissu associatif, un régionalisme à deux têtes, divisé entre « occitanistes », prédominants dans le Languedoc mais présents et visibles en Provence, partisans d’une codification unique de la « langue d’oc » (ou « occitan ») de Bordeaux aux vallées piémontaises italiennes, sur le territoire d’une « nation occitane » commune ; et « mistraliens », réfractaires à ce projet et partisan de la pluralité des « langues d’oc », fidèles à la codification du provençal établi par Frédéric Mistral au 19ème siècle et de facto cantonnés géographiquement à la Provence.

    Cette division est problématique car elle peut avoir pour effet de rebuter celui qui, de bonne foi, cherche à se réenraciner par l’apprentissage de la langue de ses ancêtres. En effet, par quoi commencer : apprendre l’ « occitan » ou le « provençal » ? Mais cette distinction a aussi des conséquences politiques et culturelles profondes. Alors quel camp choisir ? Et d’ailleurs, tout amoureux de sa Provence, de son Languedoc ou de sa Gascogne doit-il vraiment « choisir » un « camp » ?  De plus, cette dualité ne facilite pas les choses dans les rapports du tissu associatif avec l’Etat…

    Dans un bref carnet (à peine plus d’une trentaine de pages) intitulé Langues et Pays d’Oc, Jean-Claude Rivière fait le point sur la question de la manière la plus pédagogique et accessible qui soit.

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    Dès 2011, les rues d’Avignon auront leur plaque en provençal

    15 décembre 2010

    A partir de 2011, les plaques des rues et places avignonnaises seront rejointes par des plaques où figurera le nom en provençal. Exemple : la place Nicolas-Saboly, qui sera vraisemblablement l’une des premières concernées, aura une seconde plaque : plaço Micoulau Saboli.

    « Je suis heureux, s’enthousiasme François Feraud. Je me battais pour ça et Marie-Josée Roig vient de donner son aval. Dans un premier temps, on devrait faire une trentaine de rues par an. » Après devis, chaque plaque devrait revenir à 82€ pour la municipalité, aux dires de M.Feraud. « Plusieurs personnes se sont attelées à la traduction, Jean-Claude Roux, Mireille Bosqui et Jacques-Michel Bechet ».

    Une chose paraît cependant acquise: les rues médiévales de l’intra-muros, qui portent des noms de corps de métiers, devraient figurer parmi les premières à bénéficier d’une plaque « Mistralienne ». Ainsi, outre la rue de la Carreterie, on pourra alors parler de rue Carretarie (prononcer Carretarié), qui perdra son « de la » introductif. Bonneterie, Banasterie et Peyrollerie seraient, elles aussi, en pole-position.

    Source : La Provence (13/12/2010)

    Une nouvelle victoire pour la lengo nostro !