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    Fanfarneta !

    11 mai 2011

    Fanfarneta – Lo Còr de la Plana, Arles 2008 from Benoit Blein on Vimeo.

    Paroles Occitan/Français

    Le groupe polyphonique marseillais Lou Cor de la Plana chante en occitan médiéval (langue littéraire du Midi de la France avant l’affirmation de langues d’oc distinctes), langue des troubadours. Boudés par les critiques françaises, vautrées dans le parisianisme et le mépris jacobin des cultures charnelles, le groupe marseillais a pourtant conquis le cœur des Américains et des Européens… Comme nos troubadours hier. Ils chantent, et incarnent, l’éternelle jeunesse de notre identité.

    Lu sur Autre-Jeunesse.com


    Machiavel l’Européen (éditorial de la NRH n°53)

    9 avril 2011

    Son nom lui a joué des tours. C’est en effet peu flatteur d’être qualifié de «machiavélique». On voit aussitôt se dessiner un soupçon de violence madrée et de fourberie. Et pourtant ce qui avait conduit Machiavel à écrire le plus célèbre et le plus scandaleux de ses essais, Le Prince, était le souci de sa patrie, l’Italie. En son temps, dans les premières années du XVIe siècle, il était d’ailleurs bien le seul à se soucier de cette entité géographique. On était alors pour Naples, Gènes, Rome, Florence, Milan ou Venise, mais personne ne pensait à l’Italie. Il faudra pour cela attendre encore trois bons siècles. Ce qui prouve qu’il ne faut jamais désespérer de rien. Les prophètes prêchent toujours dans le désert des esprits avant que leurs rêves ne rencontrent l’attente imprévisible des peuples.

    Né à Florence en 1469, mort en 1527, Nicolas Machiavel était une sorte de haut fonctionnaire et de diplomate. Ses missions l’initièrent à la grande politique de son temps. Ce qu’il y apprit fit souffrir son patriotisme, l’incitant à réfléchir sur l’art de conduire les affaires publiques. La vie l’avait placé à l’école de bouleversements majeurs. Il avait 23 ans quand mourut Laurent le Magnifique en 1492. La même année, Alexandre VI Borgia devint pape. D’un de ses fils, César (en ce temps-là, les papes n’étaient pas toujours chastes), il fit provisoirement un très jeune cardinal, puis un duc de Valentinois grâce au roi de France. Ce César, que tenaillait une terrible ambition, ne sera jamais regardant sur les moyens. En dépit de ses échecs, sa fougue fascina Machiavel.

    Mais j’anticipe. En 1494, survint un événement immense qui allait bouleverser pour longtemps l’Italie. Charles VIII, jeune et ambitieux roi de France, effectua sa fameuse « descente », autrement dit une tentative de conquête qui bouscula l’équilibre de la péninsule. Après avoir été bien reçu à Florence, Rome et Naples, Charles VIII rencontra ensuite des résistances et dut se replier, laissant un joli chaos. Ce n’était pas fini. Son cousin et successeur, Charles XII, récidiva en 1500, cette fois pour plus longtemps, en attendant que survienne François Ier. Entre-temps, Florence avait sombré dans la guerre civile et l’Italie avait été dévastée par des condottières avides de butin.

    Atterré, Machiavel observait les dégâts. Il s’indignait de l’impuissance des Italiens. De ses réflexions naquit Le Prince, célèbre traité politique écrit à la faveur d’une disgrâce. L’argumentation, d’une logique imparable, vise à obtenir l’adhésion du lecteur. La méthode est historique. Elle repose sur la confrontation entre le passé et le présent. Machiavel dit sa conviction que les hommes et les choses ne changent pas. Il continue à parler aux Européens que nous sommes.

    À la façon des Anciens – ses modèles – il croit que la Fortune (le hasard), figurée par une femme en équilibre sur une roue instable, arbitre la moitié des actions humaines. Mais elle laisse, dit-il, l’autre moitié gouvernée par la virtus (qualité virile d’audace et d’énergie). Aux hommes d’action qu’il appelle de ses vœux, Machiavel enseigne les moyens de bien gouverner. Symbolisée par le lion, la force est le premier de ces moyens pour conquérir ou maintenir un Etat. Mais il faut y adjoindre la ruse du renard. En réalité, il faut être à la fois lion et renard. « Il faut être renard pour éviter les pièges et lion pour effrayer les loups » (Le Prince, ch. 18). D’où l’éloge, dépourvu de tout préjugé moral, qu’il fait du pape Alexandre VI Borgia qui « ne fit jamais autre chose, ne pensa jamais à autre chose qu’à tromper les gens et trouva toujours matière à pouvoir le faire » (Le Prince, ch. 18). Cependant, c’est dans le fils de ce curieux pape, César Borgia, que Machiavel voyait l’incarnation du Prince selon ses vœux, capable « de vaincre ou par force ou par ruse » (Ibid. ch. 7).

    Mis à l’Index, accusé d’impiété et d’athéisme, Machiavel avait en réalité vis-à-vis de la religion une attitude complexe. Certainement pas dévot, il se plie cependant aux usages. Dans son Discours sur la première décade de Tite-Live, tirant les enseignements de l’histoire antique, il s’interroge sur la religion qui conviendrait le mieux à la bonne santé de l’Etat : « Notre religion a placé le bien suprême dans l’humilité et le mépris des choses humaines. L’autre [la religion romaine] le plaçait dans la grandeur d’âme, la force du corps et toutes les autres choses aptes à rendre les hommes forts. Si notre religion exige que l’on ait de la force, elle veut que l’on soit plus apte à la souffrance qu’à des choses fortes. Cette façon de vivre semble donc avoir affaibli le monde et l’avoir donné en proie aux scélérats » (Discours, livre II, ch. 2). Machiavel ne se risque pas à une réflexion religieuse, mais seulement à une réflexion politique sur la religion, concluant cependant : « Je préfère ma patrie à mon âme ».

    Dominique Venner

    Site Internet de Dominique Venner
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    D’où vient la croix « occitane » ? Est-elle d’origine provençale ?

    11 février 2011

    Certains Provençaux la rejettent car ils y voient la marque d’un « impérialisme occitan », d’autres (les occitanistes) la revendiquent comme symbole d’une « nation occitane » allant de Bordeaux au Piémont. D’autres encore, rétifs aux rêveries occitanistes et ne souhaitant pas être pris au piège d’un débat chronophage,  comme les jeunes identitaires provençaux du mouvement Recounquista, en revendiquent la forme originale, dont ils trouvent l’origine en Provence, et dédaignent l’expression de « croix occitane », y préférant celle de « croix de Venasque » ou « croix bosonide » . Quelque soit le nom qu’on lui prête, d’où vient-elle cette croix tant fameuse ? Eléments de réponse.

    L’emblème représentatif de la commune Venasque (Vaucluse) remonte à des temps immémoriaux, bien antérieurs à l’ère chrétienne. De multiples influences y ont conjugué leurs significations symboliques. Dans sa forme achevée, dont les caractères se sont fixés dès avant le Xème siècle, on le décrit en termes héraldiques comme «une croix grecque, pattée, cléchèe, vuidiée et pommeïée ». Les branches sont égales (c’est pourquoi on qualifie la croix de grecque} et vont en s’élargissant du centre vers l’extérieur (pattée ou atésée) ; les extrémités se referment en formant une pointe saillante dont le dessin rappelle les poignées des vieilles clés (cléchèe) ; la consistance est évidée de manière à faire apparaître à l’intérieur une croix plus petite {vuidiée}, enfin, les points saillants, au nombre de douze, sont couronnés de boules {pommetée} réparties à raison de trois par branche. Dans les armes de la Maison de Venasque, décrites dès 1043, la croix était d’azur sur champ d’or. Dans celles de la famille apparentée de Gigondas, les couleurs devenaient d’argent sur fond d’azur. Chez les Comtes de Toulouse, qui se sont appropriés l’emblème, en étendant leur pouvoir par voie d’épousailles sur la Provence septentrionale, les couleurs passent à l’or sur fond de gueules (rouge). Au cours des siècles suivants, les régions environnantes en ont fait leur signe distinctif et, dans tout le pays où l’on pariait la langue d’oc, on la vit foisonner sur les blasons, les bannières, tes sceaux, et les monnaies. La croix de Venasque, rebaptisée croix de Toulouse, appelée parfois à tort croix de Languedoc, se pare maintenant du titre de croix occitane.

    Les douze pommettes ont particulièrement retenu l’attention de ceux qui veulent interpréter les signes. Douze, le nombre sacré qui confère la maîtrise de l’univers saisi dans ses trois modes, spatial comme les douze maisons du zodiaque, temporel comme les douze mois de l’année ou spirituel comme les douze marches initiatiques qui hisse le sage jusqu’à la Connaissance suprême. Douze aussi comme les rayons de lumière dardés par le soleil ou ces étoiles qui ponctuent le dôme céleste, en marquant les heures, et que l’œil exercé des mages sait distinguer dans les nuits les plus obscures. Beaucoup d’auteurs inspirés par l’ésotérisme évoquent les croix discoïdales qui seraient une représentation du disque solaire, lequel dans sa révolution annuelle parcourt les quatre saisons. Les légions propageront dans tout le monde romain la religion de Mithra, intermédiaire céleste envoyé par le dieu de la Lumière avec ses douze compagnons. Les adeptes de ce rite oriental véhiculeront son insigne mystique, une croix tréflée comme un talisman et porteuse des mystères de Zoroastre. N’aurait-on pas célébré à Venasque le culte mithraïque à l’endroit où s’élève maintenant le baptistère ?. Notons aussi qu’en Gaule cisalpine on honorait déjà d’autres croix dites celtiques à branches égales et cléchées, venues des brumes nordiques dans les bagages des hordes migrantes ou apportées d’Orient par les marchands qui sillonnaient la Méditerranée.

    Le monde chrétien reprit la symbolique à son compte. Il donna au signe de la croix une valeur dominante. Dès la fin du deuxième siècle, on célébra des configurations variées, inspirées ou dérivées des modèles païens, mais aussi profondément marquées par le chrisme trinitaire des premiers temps de l’Église, composé de la lettre grecque X entrelacée avec la lettre P, où l’on déchiffrait l’anagramme de Christos. Ce symbole du Christ, le plus souvent, était complété par les signes alpha et oméga. Parmi les nombreuses représentations emblématiques dont certaines vont conduire au dessin de la croix de Venasque, se détache une ligne évolutive où l’on distingue singulièrement la croix grecque croisée, puis la croix copte (qui se relie peut-être à la croix ansée d’Osiris), la croix de Constantinopte, la croix nestorienne dont on retrouve une représentation aux confins du Turkestan chinois et la croix wisigothique arienne ; certains dans leur lancée voudraient y ajouter la croix des Cathares alors que, pour ces purs, l’instrument de supplice du Christ n’a jamais été un objet de dévotion.

    La croix tréflée trinitaire, dite copte, avait été promue par Saint Marc qui, selon la tradition, évangélisa l’Egypte après avoir fondé l’Eglise d’Antioche. Cette même croix copte sera brandie par la fameuse légion thébaine, appelée aussi légion sacrée, que l’empereur Maximien emmena en Helvétie et qu’il fit massacrer, parce que son chef Maurice, suivi par ses troupes, refusait de sacrifier des prisonniers chrétiens aux dieux païens. Saint Maurice sera spécialement honoré dans le Comtat venaissin, probablement par l’intermédiaire des Burgondes qui, en s’emparant de la contrée, introduisirent une dévotion développé près du Léman. Caromb en a fait son saint protecteur.

    La cité de Venasque s’est également placée sous sa protection. Au pied du rocher, le prieuré, issu d’une villa romaine, où les templiers installèrent une commanderie passée ensuite aux Chartreux, porte encore son vocable. Le triptyque qui ornait le chœur de l’église – maintenant conservé au musée du Petit Palais – montre son portrait en armure sur l’un des panneaux. Faut-il voir dans cette ferveur l’origine de la croix dont la terre de Venasque a fait son emblème et dans laquelle l’interprétation chrétienne veut reconnaître tout à la fois l’unité de la Trinité proclamée aux quatre points cardinaux, mais aussi les quatre éléments, les douze apôtres ou les douze portes de la Jérusalem céleste ? L’antériorité des seigneurs de Venasque, le fait qu’ils aient été les premiers à orner leur blason de cet insigne typique, recueille l’avis concordant de la grande majorité des historiens. Cette attribution est mentionnée dès l’an 1080 à Marseille. On trouve la croix avec toutes ses caractéristiques sur un sceau de la famille de Venasque datant de 1094. Elle décore le tombeau de Geoffroy de Venasque à l’abbaye de Senanque, ainsi qu’une pierre tombale conservée au baptistère. A Sarrians dans la chapelle de la Sainte-Croix construite par le comte Boson vers 950, on peut voir une dalle funéraire portant une croix semblable. Plus incertaine est la filiation avec la stèle de Boétius, évêque successeur de Saint Siffrein, exposée dans la chapelle de Notre Dame de Vie (VIIème siècle) laquelle offre une version antique, non encore typée et proche de la croix byzantine avec ses branches simplement pattées encadrant des rosaces et les lettres alfa et oméga. Son dessin préfigure curieusement l’emblème qu’adopteront les templiers voire, à cause de sa dissymétrie latine, les chevaliers teutoniques.

    Plusieurs auteurs opinent en faveur d’une mutation graduelle qui associerait la croix de Saint Maurice apportée par les Burgondes (mais aussi vénérée par les moines de Lérins chez qui Saint Siffrein fut éduqué) à celle de Constantinople qui aurait cheminé par l’Italie – en laissant des vestiges – à moins qu’elle n’ait transité par les Wisigoths. Cette transformation aboutit, avant la fin du premier millénaire, à la figure que nous connaissons maintenant. Il n’est pas inutile d’observer qu’on trouve des représentations semblables mais plus tardives dans plusieurs lieux d’Italie, notamment à Pise.

    Le premier comte de Toulouse à exhiber la croix pattée, cléchée et pommetée sur son écu fut Raymond IV de Saint-Gilles lors de la première croisade. Par la ressemblance que cette figure héraldique présentait avec la croix de Constantinople, il s’attira les sympathies du Patriarcat. Mais cette croix que l’on prétendra désigner, plus tard, sous l’appellation de croix de Toulouse, c’est en leur qualité de marquis de Provence, suzerain du fief de Venasque, que Raymond de Saint-Gilles et ses successeurs s’en réclamèrent, comme l’avaient fait les seigneurs de Forcalquier. Vers l’an mil, Emma qui portait entre autres titres celui de comtesse de Venasque, fille de Roubaud comte et marquis de Provence, en s’alliant à Guilhem III Taillefer, apporta la croix qui figurait dans ses armoiries ; la Maison de Toulouse, deux siècles plus tard, l’incorpora dans les siennes.

    Puis-je terminer par une exhortation où souffle l’esprit de clocher. Si vos pérégrinations vous mènent dans la région toulousaine et que votre sensibilité soit froissée par l’étalage des inscriptions vantant la prétendue Croix de Toulouse, faites comme moi : biffez rageusement l’appellation abusive et écrivez par dessus Croix de Venasque.

    A la rigueur vous pouvez tolérer l’expression moderne et identitaire de Croix occitane,  encore que…

    Michel Geisler, 2004 (source)

    Images et précisions sur le site de Jean Gallian


    Forcalquier, un village « casseur de pub » ?

    20 janvier 2011

    JT de 13h de TF1 (5 août 2009)


    Brick A Drac – A l’ombreta d’un albar

    11 janvier 2011

    Le Myspace de Brick A Drac


    Si vous voulez qu’il ait le culte de la grande patrie…

    30 décembre 2010

    Le culte du clocher, loin d’exclure les sentiments confraternels chez les individus d’une même nation, développe au contraire le patriotisme commun. On aime, non des mots, mais des choses. L’homme a besoin de concrétiser ses affections et vous lui ferez difficilement accepter l’idée sans l’image ; il lui faut un emblème, une croix, un drapeau ; si vous voulez qu’il ait le culte de la grande patrie, faites qu’il ait d’abord le respect de la petite ; le village ou la cité deviendra pour lui l’image réduite de la nation et vous le verrez employer autant d’acharnement à sauvegarder le sol national qu’il en mettrait à défendre les terres de sa commune.

    La famille est le fondement de la cité ; la cité est la base de l’Etat ; les affections filiales et fraternelles engendrent les devoirs envers la tribu d’où naissent, plus purs et plus grands, parce qu’ils sont moins intéressés, les sentiments envers la patrie.

    Albéric Cahuet, journaliste et écrivain français disparu en 1942, L’action sociale du Félibrige (conférence donnée le 21 août 1897 au théâtre d’Ussel, Limousin)


    Noël provençal : quand l’espoir renait avec la tradition !

    24 décembre 2010

    La tradition du Noël provençal, avec ses santons, son gros souper et ses treize desserts, perdure. Malgré la crise ou justement grâce à elle, elle connaîtrait même un regain d’intérêt.

    C’est ce que constate Jean-Jacques Devallée, président de l’Ambassade de Provence dont l’objectif est justement de pérenniser et de transmettre les coutumes provençales. « C’est comme en période de guerre, les gens remplissent les églises. Ils se raccrochent à des valeurs sûres, celles qu’ils ont connues étant petits. » Et le président de l’association d’indiquer, pour preuve, que sa foire aux santons a fait cette année plus de 40 % de chiffre d’affaire par rapport à l’an dernier.

    « On suit la tradition comme nos parents avant »

    Sur le cours Lafayette, Giuseppe Coccioli confirme aussi que la tradition des treize desserts est toujours vivace. Chaque année, au moment des fêtes, ce revendeur abandonne ses légumes pour proposer des fruits secs et confits comme le faisait jadis son père.

    Ses clients lui achètent ainsi dattes, noix, amandes, figues sèches… «Pour les treize desserts, ça dépend des régions mais en général les gens mettent un peu ce qu’ils veulent. C’est comme pour la soupe au pistou ! », explique-t-il en tendant une feuille racontant l’origine des treize desserts (lire par ailleurs).

    Le revendeur a ses habitués comme Marie-Cécile de Garéoult. « Je viens ici exprès. Chez moi, les treize desserts c’est tous les ans. » Viviane de Toulon reconnaît : « On suit cette tradition car nos parents nous ont élevés comme ça ». Pour Dominique de La Valette qui n’est pourtant pas originaire de la Provence : « Ce Noël avec tous ces desserts est chaleureux, plein de couleurs. » Aux fruits secs, elle ajoute des chocolats du Faron, un panier de fruits exotiques et la fameuse pompe à huile.

    « C’est toujours une tradition. Les gens en restent friands car on ne trouve pas ce produit toute l’année, seulement jusqu’au 24 décembre, confie Stella Giglio de la boulangerie Les Palets d’Or. Si on la faisait régulièrement, les gens perdraient peut-être la tradition. » Et de constater que les acheteurs de cette sorte de brioche typique sont parfois « très jeunes ».

    Source : Nice Matin via Toulon.maville.com


    Noël à Saint-Rémy de Provence : la tradition se perpétue…

    24 décembre 2010


    Emission du 25 décembre 2009

    Noël à Saint-Rémy-de-Provence : informations pratiques.


    La pastorale : une fenêtre sur le catholicisme provençal

    11 décembre 2010

    La pastorale est une pièce de la nativité parlée et chantée au moment de Noël, généralement en provençal, contant la naissance du Christ comme si elle s’était déroulée en Provence, dans un pichot cabanon bercé par lou mistrau. L’humour y est très présent comme on peut le voir sur les deux vidéos ci-dessous : tous les habitants du village se réunissent pour faire leurs compliments à l’enfant Jésus, déposant à ses pieds des bretelles, des jouets, du café, un couple de perdrix, une boite de tabac…


    (2ème partie)


    (3ème partie)

    La pratique catholique en Provence a toujours été teintée de baroque, écho à la bonne humeur naturelle du peuple provençal, mais toujours très pieuse. Toutefois, quelques interprétations très personnelles aux Provençaux des rites catholiques (on passera sur les différentes versions « décomplexées » qu’il existe en Provence du chant Il est né le divin enfant…) ont poussé certains prélats à remettre un peu d’ordre à l’occasion de manifestations aux accents païens, qui sont finalement (et heureusement) restées vivaces : la Sainte Barbe, par exemple, est l’illustration de cette permanence pagano-chrétienne, symbole de 30 000 ans d’identité européenne.

    Pourquoi Sainte Barbe ? Difficile de répondre, car cette vierge et martyre est peu documentée. Cette « sainte » est peu connue de l’Eglise, qui souligne son caractère probablement légendaire, et n’était peut-être pas davantage connue des chrétiens de son temps, au point qu’on ignore son vrai nom. Après son martyre, durant lequel elle montra un grand courage, les chrétiens chargés de reconnaître les corps des leurs parmi ceux des suppliciés s’avérèrent ne pas la connaître ; c’était, mêlé à  leurs propres martyrs, un corps surnuméraire qu’ils  ne surent désigner  que comme celui de « la jeune fille qui parlait une langue étrangère », c’est à dire, en grec : Barbara (en français : Barbe).

    Sainte Barbe est depuis depuis longtemps la patronne des mineurs. Peut-être a-t-on pensé que ce lien avec le monde souterrain lui permettait de veiller sur les graines enfouies pendant l’hiver ? De plus, après son martyre, son père, responsable de sa mort, fut frappé par la foudre, si bien qu’on attendait d’elle protection contre la mort subite (la « malemort » très redoutée) et contre le tonnerre et les explosions (ce qui en fait la patronne des artificiers, des pompiers et de tous ceux qui ont affaire aux explosifs, aux armes ou au feu). C’est aussi la patronne des intellectuels, car c’est d’avoir écouté les enseignements d’un sage (chrétien ?) qui a causé la colère de son père et son martyre.

    Sainte Barbe vient nous rappeler que cette terre fut païenne avant d’être chrétienne. Maîtresse des graines enfouies, gardienne de la fertilité temporairement perdue de la terre, titulaire d’un pouvoir redoutable dans le domaine de la mort, Sainte Barbe la très mystérieuse nous fait plus penser à Perséphone qu’à une sainte chrétienne. Une Perséphone qui aurait volé la foudre à son oncle Zeus, oublié quelque part son Hadès de mari forcé et emprunté son jardin éphémère à son amant Adonis.

    source : Fdesouche


    Enfin, ne l’oublions pas, Jésus n’est pas né n’importe où :


    Être homme, c’est être de quelque part

    18 septembre 2010

    L’individualisme moderne avait prétendu faire de l’homme un être autonome, autosuffisant, libre de toute attache cosmique, ethnique et même sexuée, un égal parmi les égaux. On a vu ! Ayant perdu la protection rassurante des anciennes communautés et des anciennes croyances, l’individu roi est tôt ou tard saisi par l’effroi du vide et par l’angoisse. Il se réfugie alors dans les stupéfiants de la consommation et l’hypertrophie d’un moi asservi à ses désirs (…) a contrario être homme, c’est être de quelque part, appartenir à une lignée, à une tradition, parler et penser dans une langue antérieure à toute mémoire, que l’on reçoit à son insu et qui forme la perception de façon définitive. Être homme, c’est habiter un monde et s’y enraciner. Nos racines, nos liens ancestraux, ceux de la culture et des valeurs nous font hommes et femmes réels, liés à la nature, héritiers sans mérite, dotés d’une identité, même quand nous la refusons.

    Pour tout homme non dénaturé, le centre du monde est son pays, c’est-à-dire un territoire, un peuple, une histoire, une culture et des représentations à nuls autre comparable ou réductibles. Ce pays est l’effet d’un choix pour celui qui est déchiré entre plusieurs origines. Maurice Barrès, chantre de l’enracinement, était de famille auvergnate, mais il s’est voulu lorrain. (…) qui sommes-nous ? A cette question éternelle, les hommes et les peuples répondent par ce qui compte le plus pour eux. « Ils se définissent en termes de lignage, de religion, de langue, d’histoire et de valeurs.»*

    Dominique Venner, Histoire et tradition des Européens – 30 000 ans d’identité (2009)

    *Samuel Huntington

    « De ce livre, on sort changé. Il répond dans un esprit neuf aux questions que se pose notre époque. Qu’est-ce qu’un Français ? Qu’est-ce qu’un Européen ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » (extrait du quatrième de couverture)

    Lire la chronique du livre