En ces temps de Noël, nous vous invitons vivement à envoyer un message d’amitié et de soutien à l’attention du Père Gabriel, en charge de l’église Saint-Jean, en Avignon, paroisse enclavée dans un quartier que certains veulent voir terre d’islam : peregabriel@aliceadsl.fr Un acte de solidarité élémentaire qui ne vous prendra qu’une minute !
La pastorale est une pièce de la nativité parlée et chantée au moment de Noël, généralement en provençal, contant la naissance du Christ comme si elle s’était déroulée en Provence, dans un pichot cabanon bercé par lou mistrau. L’humour y est très présent comme on peut le voir sur les deux vidéos ci-dessous : tous les habitants du village se réunissent pour faire leurs compliments à l’enfant Jésus, déposant à ses pieds des bretelles, des jouets, du café, un couple de perdrix, une boite de tabac…
(2ème partie)
(3ème partie)
La pratique catholique en Provence a toujours été teintée de baroque, écho à la bonne humeur naturelle du peuple provençal, mais toujours très pieuse. Toutefois, quelques interprétations très personnelles aux Provençaux des rites catholiques (on passera sur les différentes versions « décomplexées » qu’il existe en Provence du chant Il est né le divin enfant…) ont poussé certains prélats à remettre un peu d’ordre à l’occasion de manifestations aux accents païens, qui sont finalement (et heureusement) restées vivaces : la Sainte Barbe, par exemple, est l’illustration de cette permanence pagano-chrétienne, symbole de 30 000 ans d’identité européenne.
Pourquoi Sainte Barbe ? Difficile de répondre, car cette vierge et martyre est peu documentée. Cette « sainte » est peu connue de l’Eglise, qui souligne son caractère probablement légendaire, et n’était peut-être pas davantage connue des chrétiens de son temps, au point qu’on ignore son vrai nom. Après son martyre, durant lequel elle montra un grand courage, les chrétiens chargés de reconnaître les corps des leurs parmi ceux des suppliciés s’avérèrent ne pas la connaître ; c’était, mêlé à leurs propres martyrs, un corps surnuméraire qu’ils ne surent désigner que comme celui de « la jeune fille qui parlait une langue étrangère », c’est à dire, en grec : Barbara (en français : Barbe).
Sainte Barbe est depuis depuis longtemps la patronne des mineurs. Peut-être a-t-on pensé que ce lien avec le monde souterrain lui permettait de veiller sur les graines enfouies pendant l’hiver ? De plus, après son martyre, son père, responsable de sa mort, fut frappé par la foudre, si bien qu’on attendait d’elle protection contre la mort subite (la « malemort » très redoutée) et contre le tonnerre et les explosions (ce qui en fait la patronne des artificiers, des pompiers et de tous ceux qui ont affaire aux explosifs, aux armes ou au feu). C’est aussi la patronne des intellectuels, car c’est d’avoir écouté les enseignements d’un sage (chrétien ?) qui a causé la colère de son père et son martyre.
Sainte Barbe vient nous rappeler que cette terre fut païenne avant d’être chrétienne. Maîtresse des graines enfouies, gardienne de la fertilité temporairement perdue de la terre, titulaire d’un pouvoir redoutable dans le domaine de la mort, Sainte Barbe la très mystérieuse nous fait plus penser à Perséphone qu’à une sainte chrétienne. Une Perséphone qui aurait volé la foudre à son oncle Zeus, oublié quelque part son Hadès de mari forcé et emprunté son jardin éphémère à son amant Adonis.
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En Russie, le trou destiné à la baignade, creusé dans la glace en forme de croix, est appelé « yordan » en souvenir du baptême de Jésus Christ dans les eaux de Jourdain. Selon l’Eglise orthodoxe, lorsque le Tout-puissant est entré dans les eaux de Jourdain, toute l’eau de l’univers est devenue bénite.
De même que l’admirable variété des règnes animal et végétal, la diversité des langues apparaît comme un reflet de la richesse et de la libéralité divines. (…) C’est l’existence de frontières qui a permis à Jeanne d’Arc de préserver la France du protestantisme en renvoyant les Anglais chez eux. Ce sont elles qui ont aidé saint Louis, saint Jean de Capistran, saint Pie V à protéger leur patrie respective contre l’invasion musulmane. (…) l’amour de la patrie est non seulement permis, mais commandé [par l'Eglise]. Et pourquoi doit-on aimer sa patrie d’où l’on tire son origine et à laquelle on appartient ? Parce que la patrie forme une grande famille. De même que l’on aime ses parents plus que ses amis, ainsi il faut aimer sa patrie plus qu’une nation étrangère. Sans mépriser ni haïr les mamans de ses camarades, un enfant leur préfère pourtant sa propre mère. C’est ainsi que, sans mépriser ni haïr les autres nations, nous devons leur préférer notre propre partie. Du reste, ne sommes-nous pas déjà naturellement portés à nous joindre à ceux qui parlent la même langue que nous ? L’amour de la patrie est donc un précepte de la loi naturelle. Or, les préceptes de la loi naturelle ne sont pas abolis par le christianisme, puisqu’ils sont inhérents à la nature de l’homme [créé par Dieu]. L’amour de la religion et l’amour de la nation sont frères jumeaux. Dieu, qui en est l’auteur, ne peut se contredire et ainsi l’amour de la religion n’est jamais en contradiction avec celui de la nation. Notre Seigneur Jésus-Christ, la Sainte Vierge et beaucoup de saints étaient de fervents défenseurs de leur patrie.