
Communiqué du 2/4/2011 – « Cantonales : il n’y a rien à attendre du Front National »
Le Front National a fait une percée significative aux dernières élections cantonales. En PACA, il a gagné deux élus. Doit-on s’en réjouir ? Ou au contraire s’en désoler ? Ni l’un, ni l’autre : à l’inverse, il s’agit d’exprimer une position originale et sans ambages.
1°/ Le FN est une force politique virtuelle
Pour nous, le combat politique, c’est aussi et surtout, avant et après les élections. Nous ne croyons pas au fantasme de la « Révolution » spontanée portée par l’homme providentiel. Nous ne voyons pas dans l’élection, a fortiori présidentielle, le tremplin vers la victoire de nos idées. Le FN, lui, y trouve son unique raison d’être. Ceci explique qu’il soit devenu un parti comme les autres : bien que doté d’une force de frappe médiatique incontestable, il reste dépourvu d’enracinement local et de militants réellement porteurs d’une vision politique, voire de militants tout court. A l’inverse, les Identitaires occupent le terrain toute l’année : les élections n’étant pas une fin en soi mais uniquement un moyen (d’accéder aux médias, de se faire connaître, etc.) Nous savons que les révolutions, à commencer par celle de 1789, ne se font pas du jour au lendemain mais qu’après un long et intense travail de sabotage de l’idéologie dominante. Par nos actions innovantes (happenings, coups d’éclat médiatiques, lobbying, etc.), cette stratégie nous fait remporter des victoires modestes mais concrètes. Interdiction de concerts anti-Français (comme à Marseille il y a deux ans), libération des rues occupées par des musulmans (comme à Nice il y a un mois), etc. Autant d’actes de reconquête bien réels qui nous font dire : nous ne nous sommes pas au pouvoir mais nos idées s’exercent déjà dans la Cité ! Pendant que le FN, lui, mobilise toutes ses forces en vue d’une élection qu’il ne gagnera jamais, épuisant en vain des militants auxquels il promet de graves déceptions, montrant ainsi qu’il est une force politique virtuelle… Et démontrant par là-même la perversité du système politique actuel, dans lequel on peut être inexistant dans la rue mais importants dans les urnes.
2°/ Le FN est un parti anti-identitaire
En 2007, dans l’émission Ripostes, Marine Le Pen amalgame le bilinguisme breton et l’apprentissage des langues étrangères dans les écoles : un « communautarisme » dangereux pour la France. Or, ce qui fait la richesse de notre pays c’est qu’il est une addition de terroirs : opposer la France aux régions, c’est opposer un arbre à ses propres racines. Dans un entretien paru le 11 mars dernier, Marine Le Pen, qui dans une vidéo récente regrette qu’« en France on ne sache plus parler français » (« l’islamisme et l’islam, ce n’est pas pareil »), confond pourtant « autonomie » et « indépendance » en déclarant : « je suis un défenseur acharné de la Nation. Ceux qui réclament l’autonomie sont d’ailleurs souvent des européistes. [Ce] sont de mauvaises idées et que je combats ». Européistes ? Non, européens tout simplement, et tout autant que Français et Provençaux. Les Identitaires encouragent tous les réveils identitaires : celui des régions, de la nation, de notre civilisation, autant de remparts solidaires contre l’uniformisation ! Avec Félix Gras, nous disons « j’aime mon village mieux que ton village, j’aime ma Provence mieux que ta province et j’aime la France par dessus tout » Sereinement, soyons donc autant Provençaux que Français (1).
Le 12 mars dernier, elle déclare que l’islam n’est pas le véritable problème, mais plutôt « la montée du fondamentalisme religieux, le fait d’une minorité » et considère qu’il y a « beaucoup de musulmans qui veulent être musulmans ET français ». En somme, le même discours que celui du « système UMPS »… En avril 2010 dans L’objet du scandale, elle s’en tient à une condamnation des « mosquées-cathédrales » : les lieux de culte musulmans ne « doivent pas être financées par l’argent public mais par les fidèles » et demeurer « discrètes ». Elle confirme cette position sur RTL en décembre 2010. Pour le FN, l’islamisation de la France est un problème comptable et architectural. Pour les Identitaires, avec ou sans minaret, financée par les uns ou par les autres, pas de mosquée chez nous ! (Si ce n’était qu’une question de minarets, Philippe Vardon). Car par delà la laïcité républicaine, autrefois machine de guerre contre l’Eglise, le développement de l’islam est contraire à nos mœurs et à notre identité, produits de 2000 ans de chrétienté et de 30 000 ans de civilisation européenne, aux racines d’abord grecques et latines.
3°/ La révolution identitaire : celle des cœurs avant tout
A la réforme des urnes, Recounquista préfère la révolution des cœurs. La mesure de ce qui peut être sauvé dépend de notre motivation personnelle à nous réenraciner, à briser les fausses idoles du monde moderne et à vivre selon la Tradition (c’est-à-dire « se conformer à l’idéal qu’elle incarne, cultiver l’excellence par rapport à sa nature, retrouver ses racines, transmettre l’héritage, être solidaire des siens », Dominique Venner). C’est d’une entrée en religion dont il s’agit. Il faut renouer le fil de l’identité, à commencer par l’étape primordiale de notre descendance : faire du parler de nos Anciens la langue maternelle de nos enfants, enraciner notre foyer dans un terroir, c’est cela « vivre selon la Tradition ». Oui, nous pouvons changer le monde, à condition que le monde ne nous ait pas changés. Nous vivons une époque dure, il faut former des esprits qui le soient tout autant, car « il s’agit de parvenir à construire l’antichambre du monde nouveau (…) Nous ne proposons pas une révolution orthodoxe mais quelque chose de beaucoup plus difficile : une révolution qui rende possible la révolution » (Jérôme Baschet). Et pour ce faire, avec humilité, sérieux et constance, inaccessibles au découragement, sabotons rouage après rouage la machine à tuer les peuples : en veillées de camp autour du feu comme dans la rue ; en chantant les vieux airs enracinés de nos terroirs comme en scandant des slogans derrière nos banderoles ; en file indienne sur les sentiers de randonnée comme lors d’une distribution de tracts aux abords d’un lycée ; en échangeant quelques mots en lengo nostro comme en tapissant les murs de nos villes d’appels à la reconquête. Autant d’actes de résistance qui jalonnent la vie du militant dont l’échéance politique ultime n’est ni 2012, ni 2017, mais sa propre fin : car comme le dit le vieux sage, « il faut se hâter, non seulement parce qu’à tout moment nous nous rapprochons de la mort, mais encore parce que nous perdons, avant de mourir, la compréhension des questions et le pouvoir d’y prêter attention ».
Note (1) : lire la brève mais pertinente analyse d’Eric Letty sur le jacobinisme frontiste.
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RECOUNQUISTA – Les jeunes Identitaires de Provence
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