Si vous voulez qu’il ait le culte de la grande patrie…
30 décembre 2010
Le culte du clocher, loin d’exclure les sentiments confraternels chez les individus d’une même nation, développe au contraire le patriotisme commun. On aime, non des mots, mais des choses. L’homme a besoin de concrétiser ses affections et vous lui ferez difficilement accepter l’idée sans l’image ; il lui faut un emblème, une croix, un drapeau ; si vous voulez qu’il ait le culte de la grande patrie, faites qu’il ait d’abord le respect de la petite ; le village ou la cité deviendra pour lui l’image réduite de la nation et vous le verrez employer autant d’acharnement à sauvegarder le sol national qu’il en mettrait à défendre les terres de sa commune.
La famille est le fondement de la cité ; la cité est la base de l’Etat ; les affections filiales et fraternelles engendrent les devoirs envers la tribu d’où naissent, plus purs et plus grands, parce qu’ils sont moins intéressés, les sentiments envers la patrie.
Albéric Cahuet, journaliste et écrivain français disparu en 1942, L’action sociale du Félibrige (conférence donnée le 21 août 1897 au théâtre d’Ussel, Limousin)
Le culte du clocher, loin d’exclure les sentiments confraternels chez les individus d’une même nation, développe au contraire le patriotisme commun. On aime, non des mots, mais des choses. L’homme a besoin de concrétiser ses affections et vous lui ferez difficilement accepter l’idée sans l’image ; il lui faut un emblème, une croix, un drapeau ; si vous voulez qu’il ait le culte de la grande patrie, faites qu’il ait d’abord le respect de la petite ; le village ou la cité deviendra pour lui l’image réduite de la nation et vous le verrez employer autant d’acharnement à sauvegarder le sol national qu’il en mettrait à défendre les terres de sa commune.

Voulèn que noste pople, en-liogo de groupi dins l’ignourènço de sa propro istòri, de sa grandour passado, de sa persounalita, aprengue enfin si titre de noublesso, aprengue que si paire se soun counsidera toujour coume uno raço, aprengue qu’an sachu, nòsti vièi prouvençau, viéure sèmpre en ome libre, e toustèms se defèndre coume tau : à Marsiho, autre-tèms, contro la Roumo de Cesar : dins lis Aliscamp d’Arle, à la Gardo-Freinet, contro li Sarrasin ; à Toulouso, à Beziés, à Bèu-Caire, en Avignoun, contro li faus crousa de Simoun de Mount-fort ; à Marsiho, à Frejus, à Touloun, e pertout, contro li lansquenet de l’emperaire Carle-Quint.

Le propre de l’universel est d’être acceptable par tous les hommes quelles que soient leurs origines. La laïcité serait ainsi l’une de ses valeurs que l’humanité pourrait partager dans son ensemble, ou à défaut, que tous les humains installés en France pourraient accepter. Dans les faits on observe que les valeurs universelles de la République ne sont ni universelles ni acceptables par tous les hommes. La république doit ainsi promulguer des lois contestées pour faire respecter ses valeurs : loi sur les signes religieux, loi sur la burqa…. La transmission de ces valeurs universelles a échoué par le colonialisme hier et échoue aujourd’hui par l’intégration. La laïcité est le produit d’un moment historique (le XVIIIe siècle), d’une culture (européenne), d’une ambiance philosophique et idéologique (les Lumières), bref d’un peuple spécifique (le peuple français). Sa prétention à l’universalité est une erreur philosophique et politique contredite par les faits, et qu’il nous faut corriger.





























